IAfootballproject
Projet de formation en IA. Ces prédictions ne sont pas des conseils de paris.

Méthode et résultats détaillés

Description complète du projet : question, données, protocole d'évaluation, modèles, résultats chiffrés avec leurs incertitudes, et limites.

  1. Question de recherche
  2. Données
  3. Protocole d'évaluation
  4. Mesures de qualité
  5. Modèles
  6. Résultats
  7. Information au-delà du marché
  8. Test final et paris fictifs
  9. Suivi en direct
  10. Limites

1. Question de recherche

Pour un match donné, on cherche la loi de probabilité de son issue parmi trois classes : victoire de l'équipe à domicile (H), match nul (D), victoire de l'équipe à l'extérieur (A). Il s'agit d'un problème de classification probabiliste : on ne juge pas seulement l'issue annoncée, mais la justesse des probabilités elles-mêmes.

Deux hypothèses sont testées :

2. Données

Cinq championnats (Premier League, La Liga, Bundesliga, Serie A, Ligue 1), saisons 2014-15 à 2025-26, soit environ 21 600 matchs. La saison 2014-15 sert uniquement à initialiser les variables ; les modèles sont entraînés et évalués sur 19 695 matchs à partir de 2015-16.

SourceContenuUsage
football-data.co.ukRésultats, tirs, tirs cadrés, cotes d'ouverture et de clôtureModèle équipes ; cotes comme référence
SportmonksCompositions et statistiques individuelles par match (minutes, passes, duels, tirs, arrêts…)Modèle joueurs ; calendrier du suivi en direct
UnderstatButs attendus (xG) par équipe et par joueurVariantes testées (notes xG, modèle de Poisson)

Règle anti-fuite. Toute variable d'un match est calculée uniquement à partir d'événements antérieurs à son coup d'envoi. Les statistiques d'un joueur sont décalées d'un match ; la seule information du jour utilisée est la composition officielle, connue environ une heure avant le match.

3. Protocole d'évaluation

Un découpage aléatoire entraînement / test serait trompeur : il laisserait le modèle apprendre sur des matchs postérieurs à ceux qu'il prédit. On utilise une validation temporelle à origine glissante, avec quatre plis :

pli 1 : entraînement 2015-16 → 2019-20 validation 2020-21 pli 2 : entraînement 2015-16 → 2020-21 validation 2021-22 pli 3 : entraînement 2015-16 → 2021-22 validation 2022-23 pli 4 : entraînement 2015-16 → 2022-23 validation 2023-24

4. Mesures de qualité

Soit p = (pH, pD, pA) les probabilités annoncées et y l'issue observée. Les trois mesures sont des scores propres : elles sont minimisées en moyenne par les vraies probabilités, ce qui récompense l'honnêteté plutôt que l'excès de confiance.

log loss = − ln p_y (0 = parfait ; 1,099 pour « un tiers chacun ») Brier = Σ_k (p_k − 1[y = k])² (0 à 2) RPS = ½ · [ (p_H − 1[y = H])² + (p_H + p_D − 1[y ∈ {H, D}])² ]

La log loss est la mesure principale : elle pénalise fortement une probabilité faible donnée à l'issue qui se produit. Le RPS tient compte de l'ordre des issues : annoncer une victoire à domicile quand l'extérieur gagne est plus faux qu'annoncer un nul. Le taux de bonnes prédictions est donné à titre indicatif ; il ignore la confiance et discrimine mal les modèles.

5. Modèles

5.1 Modèle 1 : équipes (28 variables)

Classement Elo. Chaque équipe porte une note R, mise à jour après chaque match :

E_dom = 1 / (1 + 10^((R_ext − (R_dom + 60)) / 400)) R_dom ← R_dom + K · g · (S − E_dom) R_ext ← R_ext − K · g · (S − E_dom)

avec S = 1, ½ ou 0 selon le résultat, K = 10, un avantage du terrain de 60 points, et un facteur g qui croît avec l'écart de buts (1 jusqu'à un but d'écart, 1,5 pour deux, (11 + écart) / 8 au-delà). Une équipe promue démarre à 1 400 points, les autres à 1 500.

Forme récente. Moyenne sur les cinq derniers matchs de sept statistiques : buts marqués et encaissés, tirs pour et contre, tirs cadrés pour et contre, points. En début de saison, la moyenne de la saison en cours est mélangée à celle des matchs précédents, avec un poids qui passe de 0 à 1 sur les cinq premières journées.

Autres variables. Jours de repos de chaque équipe (plafonnés à 30) et indicateur de match à huis clos (période Covid). Chaque quantité entre sous trois formes : domicile, extérieur, différence.

Classifieur. Régression logistique multinomiale (softmax), régularisation L2 (λ = 4,2·10−5), optimiseur Adam, arrêt anticipé décidé sur les 15 % de matchs d'entraînement les plus récents :

p_k = exp(w_k · x + b_k) / Σ_j exp(w_j · x + b_j), k ∈ {H, D, A}

5.2 Modèle 2 : joueurs (26 variables)

Pour chaque joueur, une note d'avant-match est calculée à partir de ses statistiques passées, ramenées à 90 minutes et lissées vers la moyenne de son poste lorsqu'il a peu joué. Les notes des onze titulaires sont agrégées par équipe et par ligne (défense, milieu, attaque) : 17 variables.

Sept variables décrivent les absences et la rotation : le « onze habituel » est formé des onze joueurs les plus utilisés sur les six derniers matchs ; on mesure le nombre de titulaires habituels absents, la note perdue avec eux, l'écart de niveau entre le onze aligné et le onze habituel (global et par ligne), et le nombre de changements par rapport au match précédent. Le modèle utilise les différences domicile − extérieur, avec le même classifieur que le modèle 1.

5.3 Modèle combiné : empilement

Un méta-modèle (régression logistique) reçoit les log-probabilités des modèles 1 et 2 et produit les probabilités finales. Il est appris uniquement sur des prédictions hors échantillon : pour prédire la saison S, il s'entraîne sur les prédictions que les modèles de base ont faites pour les saisons antérieures à S, alors qu'ils ne les avaient pas vues. Sans cette précaution, le méta-modèle apprendrait à faire confiance à des modèles qui récitent leurs données d'entraînement.

5.4 Variantes testées et non retenues

6. Résultats

Validation 2020-21 → 2023-24, 7 207 matchs disposant de cotes. Le « marché » désigne les probabilités déduites des cotes, marge du bookmaker retirée par normalisation.

Source des probabilitésLog lossBrierRPS
Marché, clôture (Pinnacle)0,97070,57690,1950
Marché, ouverture (Bet365)0,97410,57890,1959
Modèle combiné0,98370,58570,1990
Dixon-Coles sur xG0,98770,58860,2003
Modèle 1 (équipes)0,98870,58810,2000
Modèle 2 (joueurs seuls)0,99580,59390,2026

Plus bas = mieux pour les trois mesures.

Écarts de log loss, avec leur intervalle à 95 % :

ComparaisonDifférenceLecture
Combiné − modèle 1−0,0050 ± 0,0031Gain démontré
Combiné − marché à l'ouverture+0,0096 ± 0,0034Le marché est meilleur, démontré
Modèle 1 − marché à l'ouverture+0,0146 ± 0,0043Le marché est meilleur, démontré

Sur H1. L'information sur les joueurs apporte un gain réel mais faible : l'essentiel de la qualité d'un effectif est déjà contenu dans le classement Elo et la forme. Ajoutées directement au modèle 1, les variables joueurs ne donnaient rien de démontré ; c'est l'empilement de deux modèles distincts qui fait apparaître le gain.

7. Information au-delà du marché

Pour tester H2, on construit un méta-modèle dont les entrées sont les log-probabilités du marché et celles de notre modèle, appris hors échantillon dans l'ordre chronologique :

logit_k = a_k + w_marché · ln p_marché,k + w_modèle · ln p_modèle,k

Si le marché contient déjà toute l'information, on attend wmarché ≈ 1 et wmodèle ≈ 0.

Sur H2. Aucune information démontrée au-delà des cotes. Ce que nos modèles savent, le marché le sait déjà.

8. Test final et paris fictifs

Le modèle combiné, figé, a été appliqué une seule fois aux saisons 2024-25 et 2025-26 (3 497 matchs) : log loss 0,9842, contre 0,9722 pour le marché (écart +0,0120 ± 0,0050). Les performances de validation se retrouvent donc sur des données entièrement neuves, sans dégradation notable : le protocole n'a pas produit de sur-apprentissage.

La stratégie de paris, fixée avant de regarder ces saisons, consistait à miser lorsque pmodèle × cote − 1 dépassait un seuil de 10, 15 ou 20 %, en mise fixe ou en fraction de Kelly. Tous les rendements sont négatifs (de −14 % à −18 % en mise fixe), contre −3,8 % en pariant simplement sur le favori. Mesurés contre les cotes de clôture, nos paris n'obtiennent jamais un meilleur prix que le marché final. Parier quand le modèle contredit le marché revient surtout à parier là où le modèle se trompe.

9. Suivi en direct (saison 2026-27)

Les saisons passées ayant toutes servi, le seul test encore propre est prospectif : prédire des matchs qui n'ont pas eu lieu.

10. Limites

Projet de formation en IA. Ces prédictions ne sont pas des conseils de paris. Les cotes des bookmakers servent uniquement de référence statistique et ne sont pas affichées sur ce site.